Claudia Soto Mansilla (fr)

Español

Je suis née au Chile un anvant que soit élu à la présidence le Docteur Salvador Allende Gosses. A cette époque, le pays où je suis née vivait son rêve les yeux ouverts, il était en plus, artisan de ce rêve.

Lorsque ce rêve est devenu réalité, une bonne partie des Chiliens sommes devenus des « étrangers ». La Junte militaire imposa la mort, la disparition, la peur, la prison ; et utilisa également comme arme privilégiée le déracinement, frappant d’un seul coup sur toutes les générations du pays.

La mienne est restée suspendue entre le pays de naissance et les nombreuses terres et îles qui accueillirent l’exil chilien.

Techniquement, je suis chilienne. Mais que veut dire cela ? Comment se construire en tant qu’être, lorsque l’endroit de la naissance est une abstraction remplie de silences, de peurs et de douleur ? Où la langue dans laquelle tu rêves ne sert pas à construire des ponts entre les Anciens et ta réalité ? On peut choisir de tourner le dos, tenter de se fondre dans l’avenir, mais de toutes manières pour faire des racines il faut connaître la terre.

Beaucoup d’entre nous avons grandi comme des arbres aux branches tordues, complexes, faibles, ou n’avons pas pu tout simplement faire des racines.

C’est pour cela que je suis motivée par le thème de « La Pierre et la Lune ». On connaît bien peu le sentiment des « enfants », joindre nos voix pour raconter l’histoire est important.

Je travaille depuis longtemps avec la mémoire, non pas par nostalgie, mais avec l’inquiétude de soigner le présent afin de pouvoir construire le futur.

C’est un privilège de pouvoir participer à la réalisation de ce projet qui au travers de la fiction prétend raconter une expérience, un vécu, presque comme une urgence. C’est la voix de l’un, de l’une, ce sont en vérité nos voix unies qui continuent à exiger justice, qui crient toujours face au silence, sans haine, mais avec la force qui nous vient de la terre.

claudia

 

 

Leave a Reply